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Plaisanterie, ruse et vengeance
PRÉLUDE EN RIMES
1.
Invitation
Goûtez donc mes mets, mangeurs !
Demain vous les trouverez meilleurs,
Excellents après-demain !
S’il vous en faut davantage - alors
Sept choses anciennes, pour sept nouvelles,
Vous donneront le courage.
2.
Mon bonheur
Depuis que je suis fatigué de chercher
J’ai appris à trouver.
Depuis qu’un vent s’est opposé à moi
Je navigue avec tous les vents.
3. Intrépidité
Où que tu sois, creuse profondément.
A tes pieds se trouve la source !
Laisse crier les obscurantistes :
« En bas est toujours - l’enfer ! »
4.
Colloque
A. Ai-je été malade ? suis-je guéri ?
Et qui donc fut mon médecin ?
Comment ai-je pu oublier tout cela !
B. Ce n’est que maintenant que je te crois
Car celui qui a oublié se porte bien.
5.
Aux vertueux
Nos vertus, elles aussi, doivent s’élever d’un pied léger :
Pareilles aux vers d’Homère, il faut qu’elles viennent et partent.
6.
Sagesse du monde
Ne reste pas sur terrain plat !
Ne monte pas trop haut !
Le monde est le plus beau,
Vu à mi-hauteur.
7.
Vademecum - Vadetecum
Mon allure et mon langage t’attirent,
Tu viens sur mes pas, tu veux me suivre ?
Suis-toi toi-même fidèlement : -
Et tu me suivras, moi ! - Tout doux ! Tout doux !
8.
Lors du troisième changement de peau
Déjà ma peau se craquelle et se gerce,
Déjà mon désir de serpent,
Malgré la terre absorbée,
Convoite de la terre nouvelle ;
Déjà je rampe, parmi les pierres et l’herbe,
Affamé, sur ma piste tortueuse,
Pour manger, ce que j’ai toujours mangé,
La nourriture du serpent, la terre !
9.
Mes roses
Oui ! mon bonheur - veut rendre heureux !
Tout bonheur veut rendre heureux !
Voulez-vous cueillir mes roses ?
Il faut vous baisser, vous cacher,
Parmi les ronces, les rochers,
Souvent vous lécher les doigts !
Car mon bonheur est moqueur !
Car mon bonheur est perfide ! -
Voulez-vous cueillir mes roses ?
10.
Le dédaigneux
Puisque je répands au hasard
Vous me traitez de dédaigneux.
Celui qui boit dans les gobelets trop pleins
Les laisse déborder au hasard -
Ne pensez pas plus mal du vin.
11.
Le proverbe parle
Sévère et doux, grossier et fin
Familier et étrange, malpropre et pur,
Rendez-vous des fous et des sages :
Je suis, je veux être tout cela,
En même temps colombe, serpent et cochon.
12.
A un ami de la lumière
Si tu ne veux pas que tes yeux et tes sens faiblissent
Cours après le soleil - à l’ombre !
13.
Pour les danseurs
Glace lisse,
Un paradis,
Pour celui qui sait bien danser.
14.
Le brave
Plutôt une inimitié de bon bois,
Qu’une amitié faite de bois recollés !
15.
Rouille
Il faut la rouille aussi : l’arme aiguë ne suffit pas !
Autrement on dira toujours de toi : « il est trop jeune » !
16.
Vers les hauteurs
« Comment gravirais-je le mieux la montagne ? »
Monte toujours et n’y pense pas !
17.
Sentence de l’homme fort
Ne demande jamais ! A quoi bon gémir !
Prends, je t’en prie, prends toujours !
18.
Ames étroites
Je hais les âmes étroites :
II n’y a là rien de bon et presque rien de mauvais
19.
Le séducteur involontaire
Pour passer le temps, il a lancé en l’air une parole vide,
Et pourtant à cause d’elle une femme est tombée.
20.
A considérer
Une double peine est plus facile à porter
Qu’une seule peine : veux-tu t’y hasarder ?
21.
Contre la vanité
Ne t’enfle pas, autrement
La moindre piqûre te fera crever.
22.
Homme et femme
« Enlève la femme, celle pour qui bat ton coeur ! » -
Ainsi pense l’homme ; la femme n’enlève pas, elle vole.
23.
Interprétation
Si je vois clair en moi je me mets dedans,
Je ne puis pas être mon propre interprète.
Mais celui qui s’élève sur sa propre voie
Porte avec lui mon image à la lumière.
24.
Médicament pour le pessimiste
Tu te plains de ne rien trouver à ton goût ?
Alors, ce sont toujours tes vieilles lubies ?
Je t’entends jurer, tapager, cracher -
J’en perds patience, mon coeur se brise.
Écoute, mon ami, décide-toi librement,
D’avaler un petit crapaud gras,
Vite, et sans y jeter un regard ! -
C’est souverain contre la dyspepsie !
25.
Prière
Je connais l’esprit de beaucoup d’hommes
Et ne sais pas qui je suis moi-même !
Mon oeil est bien trop près de moi -
Je ne suis pas ce que je contemple.
Je saurais m’être plus utile,
Si je me trouvais plus loin de moi.
Pas aussi loin, certes, que mon ennemi !
L’ami le plus proche est déjà trop loin -
Pourtant au milieu entre celui-ci et moi !
Devinez-vous ce que je demande ?
26.
Ma dureté
Il faut que je passe sur cent degrés,
Il faut que je monte, je vous entends appeler :
« Tu es dur ! Sommes-nous donc de pierre ? »
II faut que je passe sur cent degrés,
Et personne ne voudrait me servir de degré.
27.
Le voyageur
« Plus de sentier ! Abîme alentour et silence de mort ! »
Tu l’as voulu ! Pourquoi quittais-tu le sentier ?
Hardi ! c’est le moment ! Le regard froid et clair !
Tu es perdu si tu crois au danger.
28.
Consolation pour les débutants
Voyez l’enfant, les cochons grognent autour de lui,
Abandonné à lui-même, les orteils repliés !
Il ne sait que pleurer et pleurer encore -
Apprit-il jamais à se tenir droit et à marcher ?
Soyez sans crainte ! Bientôt, je pense,
Vous pourrez voir danser l’enfant !
Dès qu’il saura se tenir sur ses deux pieds
Vous le verrez se mettre sur la tête.
29.
Égoïsme des étoiles
Si je ne tournais sans cesse autour de moi-même,
Tel un tonneau qu’on roule,
Comment supporterais-je sans prendre feu
De courir après le brûlant soleil ?
30.
Le prochain
Je n’aime pas que mon prochain soit auprès de moi :
Qu’il s’en aille au loin et dans les hauteurs !
Comment ferait-il autrement pour devenir mon étoile ?
31.
Le saint masqué
Pour que ton bonheur ne nous oppresse pas,
Tu te voiles de l’astuce du diable,
De l’esprit du diable, du costume du diable.
Mais en vain ! De ton regard
S’échappe la sainteté.
32.
L’assujetti
A. Il s’arrête et écoute : qu’est-ce qui a pu le tromper ?
Qu’a-t-il entendu bourdonner à ses oreilles ?
Qu’est-ce qui a bien pu l’abattre ainsi ?
Comme tous ceux qui ont porté des chaînes,
Les bruits de chaînes le poursuivent partout.
33.
Le solitaire
Je déteste autant de suivre que de conduire.
Obéir ? Non ! Et gouverner jamais !
Celui qui n’est pas terrible pour lui, n’inspire la terreur à personne
Et celui seul qui inspire la terreur peut conduire les autres.
Je déteste déjà de me conduire moi-même !
J’aime, comme les animaux des forêts et des mers,
A me perdre pour un bon moment,
A m’accroupir, rêveur, dans des déserts charmants,
A me rappeler enfin, moi-même, du lointain,
A me séduire moi-même - vers moi-même.
34.
Seneca et hoc genus omne
Ils écrivent et écrivent toujours leur insupportable
Et sage Larifari
Comme s’il s’agissait de primum scribere,
Deinde philosophari.
35. Glace
Oui parfois je fais de la glace :
Elle est utile pour digérer !
Si tu avais beaucoup à digérer,
Ah ! comme tu aimerais ma glace !
36.
Écrits de jeunesse
Lalpha et lomega de ma sagesse
M’est apparu : qu’ai-je entendu ? …
Maintenant cela résonne tout autrement,
Je n’entends plus que Ah ! et Oh !
Vieilles scies de ma jeunesse.
37.
Attention !
Il ne fait pas bon voyager maintenant dans cette contrée ;
Et si tu as de l’esprit sois doublement sur tes gardes !
On t’attire et on t’aime, jusqu’à ce que l’on te déchire.
Esprits exaltés - : ils manquent toujours d’esprit !
38.
L’homme pieux parle
Dieu nous aime parce qu’il nous a créés ! -
« L’homme a créé Dieu ! »- C’est votre réponse subtile.
Et il n’aimerait pas ce qu’il a créé ?
Parce qu’il l’a créé il devrait le nier ?
Ça boite, ça porte le sabot du diable.
39.
En été
Nous devrons manger notre pain
A la sueur de notre front ?
Il vaut mieux ne rien manger lorsqu’on est en sueur,
D’après le sage conseil des médecins.
Sous la canicule, que nous manque-t-il ?
Que veut ce signe enflammé ?
A la sueur de notre front
Nous devons boire notre vin.
40.
Sans envie
Son regard est sans envie et vous l’honorez pour cela ?
Il se soucie peu de vos honneurs ;
Il a l’œil de l’aigle pour le lointain,
Il ne vous voit pas ! - il ne voit que des étoiles !
41.
Héraclitisme
Tout bonheur sur la terre,
Amis, est dans la lutte !
Oui, pour devenir amis
Il faut la fumée de la poudre !
Trois fois les amis sont unis :
Frères devant la misère,
Égaux devant l’ennemi,
Libres - devant la mort !
42.
Principe des trop subtils
Plutôt marcher sur la pointe des pieds
Qu’à quatre pattes !
Plutôt passer à travers le trou de la serrure,
Que par les portes ouvertes !
43.
Conseil
Tu aspires à la gloire ?
Écoute donc un conseil :
Renonce à temps, librement,
A l’honneur !
44.
A fond
Un chercheur, moi ! - Garde-toi de ce mot ! -
Je suis lourd seulement - de tant de livres !
Je ne fais que tomber sans cesse
Pour tomber, enfin, jusqu’au fond !
45.
Pour toujours
« Je viens aujourd’hui parce que cela me plaît » -
Ainsi pense chacun qui vient pour toujours.
Que lui importe ce que dit le monde :
« Tu viens trop tôt ! Tu viens trop tard ! »
46.
Jugements des hommes fatigués
Tous les épuisés maudissent le soleil :
Pour eux la valeur des arbres - c’est l’ombre !
47.
Descente
« Il baisse, il tombe » - vous écriez-vous moqueurs ;
La vérité c’est qu’il descend vers vous !
Son trop grand bonheur a été son malheur,
Sa trop grande lumière suit votre obscurité.
48.
Contre les lois
A partir d’aujourd’hui je suspens
A mon cou la montre qui marque les heures :
A partir d’aujourd’hui cessent le cours des étoiles,
Du soleil, le chant du coq, les ombres ;
Et tout ce que le temps a jamais proclamé,
Est maintenant muet, sourd et aveugle :
Pour moi toute nature se tait,
Au tic tac de la loi et de l’heure.
49.
Le sage parle
Étranger au peuple et pourtant utile au peuple,
Je suis mon chemin, tantôt soleil, tantôt nuage -
Et toujours au-dessus de ce peuple !
50.
Avoir perdu la tête
Elle a de l’esprit maintenant - comment s’y est-elle pris ?
Par elle un homme vient de perdre la raison,
Son esprit était riche avant ce mauvais passe-temps :
Il s’en est allé au diable - non ! chez la femme !
51.
Pieux souhait
« Que toutes les clefs
Aillent donc vite se perdre,
Et que dans toutes les serrures
Tourne un passe-partout ! »
Ainsi pense, à tout instant,
Celui qui est lui-même - un passe-partout.
52.
Écrire avec le pied
Je n’écris pas qu’avec la main,
Le pied veut sans cesse écrire aussi.
Solide, libre et brave, il veut en être,
Tantôt à travers champs, tantôt sur le papier.
53.
« Humain, trop humain », un livre
Mélancolique, timide, tant que tu regardes en arrière,
Confiant en l’avenir, partout où tu as confiance en toi-même.
Oiseau, dois-je te compter parmi les aigles ?
Es-tu le favori de Miverve, hibou ?
54.
A mon lecteur
Bonne mâchoire et bon estomac -
C’est ce que je te souhaite !
Et quand tu auras digéré mon livre,
Tu t’entendras certes avec moi !
55.
Le peintre réaliste
« Fidèle à la nature et complet ! »- Comment s’y prend-il :
Depuis quand la nature se soumet-elle à un tableau ?
Infinie est la plus petite parcelle du monde ! -
Finalement il en peint ce qui lui plaît.
Et qu’est-ce qui lui plaît ? Ce qu’il sait peindre !
56.
Vanité de poète
Donnez-moi de la colle, et je trouverai
Moi-même le bois à coller !
Mettre un sens dans quatre rimes insensées -
Ce n’est pas là petite fierté !
57.
Le goût qui choisit
Si l’on me laissait choisir librement
Je choisirais volontiers une petite place,
Pour moi, au milieu du paradis :
Et plus volontiers encore - devant sa porte !
58.
Le nez crochu
Le nez s’avance insolent
Dans le monde. La narine se gonfle -
C’est pourquoi, rhinocéros sans corne,
Hautain bonhomme, tu tombes toujours en avant !
Et réunies toujours, on rencontre ces deux choses :
La fierté droite et le nez crochu.
59.
La plume gribouille
La plume gribouille : quel enfer !
Suis-je condamné à gribouiller ?
Mais bravement je saisis l’encrier,
Et j’écris à grands flots d’encre.
Quelles belles coulées larges et pleines !
Comme tout ce que je fais me réussit !
L’écriture, il est vrai, manque de clarté -
Qu’importe ! Qui donc lit ce que j’écris ?
60.
Hommes supérieurs
Celui-ci s’élève - il faut le louer !
Mais celui-là vient toujours d’en haut !
II vit même au-dessus de la louange,
Il est d’en-haut !
61.
Le sceptique parle
La moitié de ta vie est passée,
L’aiguille tourne, ton âme frissonne !
Longtemps elle a erré déjà,
Elle cherche et n’a pas trouvé - et ici elle hésite ?
La moitié de ta vie est passée
Elle fut douleur et erreur, d’heure en heure !
Que cherches-tu encore ? Pourquoi ? - -
C’est ce que je cherche - la raison de ma recherche !
62. Ecce homo
Oui, je sais bien d’où je viens !
Inassouvi, comme la flamme,
J’arde pour me consumer.
Ce que je tiens devient lumière,
Charbon ce que je délaisse
Car je suis flamme assurément !
63.
Morale d’étoile
Prédestinée à ton orbite,
Que t’importe, étoile, l’obscurité ?
Roule, bienheureuse, à travers ce temps !
La misère te paraît étrangère et lointaine !
Au monde le plus éloigné tu destines ta clarté ;
La pitié doit être péché pour toi !
Tu n’admets qu’une seule loi : sois pur !
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,,Scherz, List und Rache“
1.
Einladung.
Wagt’s mit meiner Kost, ihr Esser!
Morgen schmeckt sie euch schon besser
Und schon übermorgen gut!
Wollt ihr dann noch mehr, - so machen
Meine alten sieben Sachen
Mir zu sieben neuen Muth.
2.
Mein Glück.
Seit ich des Suchens müde ward,
Erlernte ich das Finden.
Seit mir ein Wind hielt Widerpart,
Segl’ ich mit allen Winden.
3.
Unverzagt.
Wo du stehst, grab tief hinein!
Drunten ist die Quelle!
Lass die dunklen Männer schrein:
"Stets ist drunten - Hölle!"
4.
Zwiegespräch.
War ich krank? Bin ich genesen?
Und wer ist mein Arzt gewesen?
Wie vergass ich alles Das!
Jetzt erst glaub ich dich genesen:
Denn gesund ist, wer vergass.
5.
An die Tugendsamen.
Unseren Tugenden auch soll’n leicht die Füsse sich heben:
Gleich den Versen Homer’s müssen sie kommen und gehn!
6.
Welt-Klugheit.
Bleib nicht auf ebnem Feld!
Steig nicht zu hoch hinaus!
Am schönsten sieht die Welt
Von halber Höhe aus.
7.
Vademecum-Vadetecum.
Es lockt dich meine Art und Sprach,
Du folgest mir, du gehst mir nach?
Geh nur dir selber treulich nach: -
So folgst du mir - gemach! gemach!
8.
Bei der dritten Häutung.
Schon krümmt und bricht sich mir die Haut,
Schon giert mit neuem Drange,
So viel sie Erde schon verdaut,
Nach Erd’ in mir die Schlange.
Schon kriech’ ich zwischen Stein und Gras
Hungrig auf krummer Fährte,
Zu essen Das, was stets ich ass,
Dich, Schlangenkost, dich, Erde!
9.
Meine Rosen.
Ja! Mein Glück - es will beglücken -,
Alles Glück will ja beglücken!
Wollt ihr meine Rosen pflücken?
Müsst euch bücken und verstecken
Zwischen Fels und Dornenhecken,
Oft die Fingerchen euch lecken!
Denn mein Glück - es liebt das Necken!
Denn mein Glück - es liebt die Tücken! -
Wollt ihr meine Rosen pflücken?
10.
Der Verächter.
Vieles lass ich fall’n und rollen,
Und ihr nennt mich drum Verächter.
Wer da trinkt aus allzuvollen
Bechern, lässt viel fall’n und rollen -,
Denkt vom Weine drum nicht schlechter.
11.
Das Sprüchwort spricht.
Scharf und milde, grob und fein,
Vertraut und seltsam, schmutzig und rein,
Der Narren und Weisen Stelldichein:
Diess Alles bin ich, will ich sein,
Taube zugleich, Schlange und Schwein!
12.
An einen Lichtfreund.
Willst du nicht Aug’ und Sinn ermatten,
Lauf’ auch der Sonne nach im Schatten!
13.
Für Tänzer.
Glattes Eis
Ein Paradeis
Für Den, der gut zu tanzen weiss.
14.
Der Brave.
Lieber aus ganzem Holz eine Feindschaft,
Als eine geleimte Freundschaft!
15.
Rost.
Auch Rost thut Noth: Scharfsein ist nicht genung!
Sonst sagt man stets von dir: "er ist zu jung!"
16.
Aufwärts.
"Wie komm ich am besten den Berg hinan?"
Steig nur hinauf und denk nicht dran!
17.
Spruch des Gewaltmenschen.
Bitte nie! Lass diess Gewimmer!
Nimm, ich bitte dich, nimm immer!
18.
Schmale Seelen.
Schmale Seelen sind mir verhasst;
Da steht nichts Gutes, nichts Böses fast.
19.
Der unfreiwillige Verführer.
Er schloss ein leeres Wort zum Zeitvertreib
In’s Blaue - und doch fiel darob ein Weib.
20.
Zur Erwägung.
Zwiefacher Schmerz ist leichter zu tragen,
Als Ein Schmerz: willst du darauf es wagen?
21.
Gegen die Hoffahrt.
Blas dich nicht auf: sonst bringet dich
Zum Platzen schon ein kleiner Stich.
22.
Mann und Weib.
"Raub dir das Weib, für das dein Herze fühlt! " -
So denkt der Mann; das Weib raubt nicht, es stiehlt.
23.
Interpretation.
Leg ich mich aus, so leg ich mich hinein:
Ich kann nicht selbst mein Interprete sein.
Doch wer nur steigt auf seiner eignen Bahn,
Trägt auch mein Bild zu hellerm Licht hinan.
24.
Pessimisten-Arznei.
Du klagst, dass Nichts dir schmackhaft sei?
Noch immer, Freund, die alten Mucken?
Ich hör dich lästern, lärmen, spucken -
Geduld und Herz bricht mir dabei.
Folg mir, mein Freund! Entschliess dich frei,
Ein fettes Krötchen zu verschlucken,
Geschwind und ohne hinzugucken! -
Das hilft dir von der Dyspepsei!
25.
Bitte.
Ich kenne mancher Menschen Sinn
Und weiss nicht, wer ich selber bin!
Mein Auge ist mir viel zu nah -
Ich bin nicht, was ich seh und sah.
Ich wollte mir schon besser nützen,
Könnt’ ich mir selber ferner sitzen.
Zwar nicht so ferne wie mein Feind!
Zu fern sitzt schon der nächste Freund -
Doch zwischen dem und mir die Mitte!
Errathet ihr, um was ich bitte?
26.
Meine Härte.
Ich muss weg über hundert Stufen,
Ich muss empor und hör euch rufen:
"Hart bist du; Sind wir denn von Stein?" -
Ich muss weg über hundert Stufen,
Und Niemand möchte Stufe sein.
27.
Der Wandrer.
"Kein Pfad mehr" Abgrund rings und Todtenstille!" -
So wolltest du’s! Vom Pfade wich dein Wille!
Nun, Wandrer, gilt’s! Nun blicke kalt und klar!
Verloren bist du, glaubst du - an Gefahr.
28.
Trost für Anfänger.
Seht das Kind umgrunzt von Schweinen,
Hülflos, mit verkrümmten Zeh’n!
Weinen kann es, Nichts als weinen -
Lernt es jemals stehn und gehn?
Unverzagt! Bald, solle ich meinen,
Könnt das Kind ihr tanzen sehn!
Steht es erst auf beiden Beinen,
Wird’s auch auf dem Kopfe stehn.
29.
Sternen-Egoismus.
Rollt’ ich mich rundes Rollefass
Nicht um mich selbst ohn’ Unterlass,
Wie hielt’ ich’s aus, ohne anzubrennen,
Der heissen Sonne nachzurennen?
30.
Der Nächste.
Nah hab den Nächsten ich nicht gerne:
Fort mit ihm in die Höh und Ferne!
Wie würd’ er sonst zu meinem Sterne? –
31.
Der verkappte Heilige.
Dass dein Glück uns nicht bedrücke,
Legst du um dich Teufelstücke,
Teufelswitz und Teufelskleid.
Doch umsonst’ Aus deinem Blicke
Blickt hervor die Heiligkeit!
32.
Der Unfreie.
Er steht und horcht: was konnt ihn irren?
Was hört er vor den Ohren schwirren?
Was war’s, das ihn darniederschlug?
Wie jeder, der einst Ketten trug,
Hört überall er - Kettenklirren.
33.
Der Einsame.
Verhasst ist mir das Folgen und das Führen.
Gehorchen? Nein! Und aber nein - Regieren!
Wer sich nicht schrecklich ist, macht Niemand Schrecken:
Und nur wer Schrecken macht, kann Andre führen.
Verhasst ist mir’s schon, selber mich zu führen!
Ich liebe es, gleich Wald- und Meeresthieren,
Mich für ein gutes Weilchen zu verlieren,
In holder Irrniss grüblerisch zu hocken,
Von ferne her mich endlich heimzulocken,
Mich selber zu mir selber - zu verführen.
34.
Seneca et hoc genus omne.
Das schreibt und schreibt sein unausstehlich weises Larifari,
Als gält es primum scribere,
Deinde philosophari.
35.
Eis.
Ja! Mitunter mach’ ich Eis:
Nützlich ist Eis zum Verdauen!
Hättet ihr viel zu verdauen,
Oh wie liebtet ihr mein Eis!
36.
Jugendschriften.
Meiner Weisheit A und O
Klang mir hier: was höre ich doch!
Jetzo klingt mir’s nicht mehr so,
Nur das ew’ge Ah! und oh!
Meiner Jugend hör ich noch.
37.
Vorsicht.
In jener Gegend reist man jetzt nicht gut;
Und hast du Geist, sei doppelt auf der Hut!
Man lockt und liebt dich, bis man dich zerreisst:
Schwarmgeister sind’s -: da fehlt es stets an Geist!
38.
Der Fromme spricht.
Gott liebt uns, weil er uns erschuf!-
"Der Mensch schuf Gott!" - sagt drauf ihr Feinen.
Und soll nicht lieben, was er schuf?
Soll’s gar, weil er es schuf, verneinen?
Das hinkt, das trägt des Teufels Huf.
39.
Im Sommer.
Im Schweisse unsres Angesichts
Soll’n unser Brod wir essen?
Im Schweisse isst man lieber Nichts,
Nach weiser Aerzte Ermessen.
Der Hundsstern winkt: woran gebricht’s?
Was will sein feurig Winken?
Im Schweisse unsres Angesichts
Soll’n unsren Wein wir trinken!
40.
Ohne Neid.
Ja, neidlos blickt er: und ihr ehrt ihn drum?
Er blickt sich nicht nach euren Ehren um;
Er hat des Adlers Auge für die Ferne,
Er sieht euch nicht! - er sieht nur Sterne, Sterne.
41.
Heraklitismus.
Alles Glück auf Erden,
Freunde, giebt der Kampf!
Ja, um Freund zu werden,
Braucht es Pulverdampf!
Eins in Drei’n sind Freunde:
Brüder vor der Noth,
Gleiche vor dem Feinde,
Freie - vor dem Tod!
42.
Grundsatz der Allzufeinen.
Lieber auf den Zehen noch,
Als auf allen Vieren!
Lieber durch ein Schlüsselloch,
Als durch offne Thüren!
43.
Zuspruch.
Auf Ruhm hast du den Sinn gericht?
Dann acht’ der Lehre:
Bei Zeiten leiste frei Verzicht
Auf Ehre!
44.
Der Gründliche.
Ein Forscher ich? Oh spart diess Wort! -
Ich bin nur schwer - so manche Pfund’!
Ich falle, falle immerfort
Und endlich auf den Grund!
45.
Für immer.
"Heut komm’ ich, weil mir’s heute frommt" -
Denkt Jeder, der für immer kommt.
Was ficht ihn an der Welt Gered’:
"Du kommst zu früh! Du kommst zu spät!"
46.
Urtheile der Müden.
Der Sonne fluchen alle Matten;
Der Bäume Werth ist ihnen - Schatten!
47.
Niedergang.
"Er sinkt, er fällt jetzt" - höhnt ihr hin und wieder;
Die Wahrheit ist: er steigt zu euch hernieder!
Sein Ueberglück ward ihm zum Ungemach,
Sein Ueberlicht geht eurem Dunkel nach.
48.
Gegen die Gesetze.
Von heut an hängt an härner Schnur
Um meinen Hals die Stunden-Uhr:
Von heut an hört der Sterne Lauf,
Sonn’, Hahnenschrei und Schatten auf,
Und was mir je die Zeit verkünd’t,
Das ist jetzt stumm und taub und blind: -
Es schweigt mir jegliche Natur
Beim Tiktak von Gesetz und Uhr.
49.
Der Weise spricht.
Dem Volke fremd und nützlich doch dem Volke,
Zieh ich des Weges, Sonne bald, bald Wolke -
Und immer über diesem Volke!
50.
Den Kopf verloren.
Sie hat jetzt Geist - wie kam’s, dass sie ihn fand?
Ein Mann verlor durch sie jüngst den Verstand,
Sein Kopf war reich vor diesem Zeitvertreibe:
Zum Teufel gieng sein Kopf - nein! nein! zum Weibe!
51.
Fromme Wünsche.
"Mögen alle Schlüssel doch
Flugs verloren gehen,
Und in jedem Schlüsselloch
Sich der Dietrich drehen!"
Also denkt zu jeder Frist
Jeder, der - ein Dietrich ist.
52.
Mit dem Fusse schreiben.
Ich schreib nicht mit der Hand allein:
Der Fuss will stets mit Schreiber sein.
Fest, frei und tapfer läuft er mir
Bald durch das Feld, bald durchs Papier.
53.
Ein Buch.
Schwermüthig scheu, solang du rückwärts schaust,
Der Zukunft trauend, wo du selbst dir traust:
Oh Vogel, rechn’ ich dich den Adlern zu?
Bist du Minerva’s Liebling U-hu-hu?
54.
Meinem Leser.
Ein gut Gebiss und einen guten Magen -
Diess wünsch’ ich dir!
Und hast du erst mein Buch vertragen,
Verträgst du dich gewiss mit mir!
55.
Der realistische Maler.
"Treu die Natur und ganz!" - Wie fängt er’s an:
Wann wäre je Natur im Bilde abgethan?
Unendlich ist das kleinste Stück der Welt! -
Er malt zuletzt davon, was ihm gefällt.
Und was gefällt ihm? Was er malen kann!
56.
Dichter-Eitelkeit.
Gebt mir Leim nur: denn zum Leime
Find’ ich selber mir schon Holz!
Sinn in vier unsinn’ge Reime
Legen - ist kein kleiner Stolz!
57.
Wählerischer Geschmack.
Wenn man frei mich wählen liesse,
Wählt’ ich gern ein Plätzchen mir
Mitten drin im Paradiese:
Gerner noch - vor seiner Thür!
58.
Die krumme Nase.
Die Nase schauet trutziglich
In’s Land, der Nüster blähet sich -
Drum fällst du, Nashorn ohne Horn,
Mein stolzes Menschlein, stets nach vorn!
Und stets beisammen find’t sich das:
Gerader Stolz, gekrümmte Nas.
59.
Die Feder kritzelt.
Die Feder kritzelt: Hölle das!
Bin ich verdammt zum Kritzeln-Müssen? -
So greif’ ich kühn zum Tintenfass
Und schreib’ mit dicken Tintenflüssen.
Wie läuft das hin, so voll, so breit!
Wie glückt mir Alles, wie ich’s treibe!
Zwar fehlt der Schrift die Deutlichkeit -
Was thut’s? Wer liest denn, was ich schreibe?
60.
Höhere Menschen.
Der steigt empor - ihn soll man loben!
Doch jener kommt allzeit von oben!
Der lebt dem Lobe selbst enthoben,
Der ist von Droben!
61.
Der Skeptiker spricht.
Halb ist dein Leben um,
Der Zeiger rückt, die Seele schaudert dir!
Lang schweift sie schon herum
Und sucht und fand nicht - und sie zaudert hier?
Halb ist dein Leben um:
Schmerz war’s und Irrthum, Stund’ um Stund’ dahier!
Was suchst du noch? Warum? - -
Diess eben such’ ich - Grund um Grund dafür!
62.
Ecce homo.
Ja! Ich weiss, woher ich stamme!
Ungesättigt gleich der Flamme
Glühe und verzehr’ ich mich.
Licht wird Alles, was ich fasse,
Kohle Alles, was ich lasse:
Flamme bin ich sicherlich.
63.
Sternen-Mora.
Vorausbestimmt zur Sternenbahn,
Was geht dich, Stern, das Dunkel an?
Roll’ selig hin durch diese Zeit!
Ihr Elend sei dir fremd und weit!
Der fernsten Welt gehört dein Schein:
Mitleid soll Sünde für dich sein!
Nur Ein Gebot gilt dir.- sei rein!
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