Auteur:Moritz Schlick

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Moritz Schlick

Physicien de formation, il est l'un des fondateurs du positivisme logique et du Cercle de Vienne, et l'un des premiers philosophes analytiques (1882 - 1936)

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Sommaire

Biographie

Schlick étudia la physique à Heidelberg, puis à Berlin, comme élève de Max Planck. Il passe son doctorat en 1904 avec la thèse Über die Reflexion des Lichts in einer inhomogenen Schicht (Sur la réflexion de la lumière dans les milieux non homogènes).

La tâche de la philosophie

Dans sa leçon inaugurale de 1911[1], Schlick observe que, pour certaines personnes, la philosophie n’a plus de tâche à accomplir et qu’elle n’est donc plus nécessaire, et c’est une opinion que l’on rencontre parfois même chez des philosophes de profession. Il en donne deux raisons.

La première concerne les rapports de la philosophie à la connaissance : la philosophie n’est plus nécessaire quand les sciences sont capables de résoudre des questions qui lui étaient jusque-là dévolues ; et les questions que les sciences ne peuvent résoudre sont oiseuses et insolubles, ce qui conduit à estimer qu’il n’y a tout simplement pas de problèmes philosophiques. Ainsi, soit les problèmes philosophiques sont en réalité des problèmes scientifiques, et ce n’est pas à la philosophie de s’en occuper, soit ils ne sont pas scientifiques et ce ne sont pas des problèmes, même philosophiques.

La seconde raison est la suivante : au XIXeme siècle, l’idéalisme a méprisé le travail minutieux de la recherche, ce qui a, par contrecoup, entraîné un profond mépris pour l’idéalisme, mépris qui s’est étendu à la philosophie en général.

Ces raisons de congédier la philosophie ne justifient pas, aux yeux de Schlick, que l’on persiste dans cette attitude de mépris. En effet, les prétentions de l’idéalisme sont maintenant tombées en discrédit, et il n’y a aucune chance que des systèmes de ce genre renaissent sur l’arbre de la philosophie. Les doutes à l’égard de la philosophie ne peuvent donc être que le résultat d’un jugement précipité et d’une négligence délibérée des problèmes ultimes posés par les sciences. Ce jugement et cette négligence s’expliquent en fin de compte par un manque de clarté au sujet de la nature de la pensée philosophique, car le jugement sévère que l’on porte sur la philosophie est lui-même philosophique, et s’interdire de pratiquer la philosophie, c’est encore philosopher. Répudier la philosophie, c’est donc se contredire, et, par conséquent, un esprit scientifique qui adopte cette attitude n’a pas une vue claire des buts et du sens de la philosophie.

Nous voyons ainsi qu’il est pour Schlick de la plus haute importance de se faire une idée claire de la nature de la philosophie. Néanmoins, il ne propose pas de réaliser cette clarification dans la leçon que nous avons citée, mais seulement de montrer ce que peut accomplir le travail philosophique. Dans cette section, nous examinerons ce dernier point, et nous nous proposerons également de voir ce que Schlick entend par nature de la philosophie, en nous aidant de l’ensemble des articles qu’il a consacrés à ce sujet.

Œuvres

Les traductions françaises récentes ne sont pas très nombreuses, mais le lecteur dispose maintenant de Questions d’éthique, de la Théorie générale de la connaissance, de Forme et contenu et de quelques articles ; quant aux traductions anciennes, elles sont difficiles à trouver. Je donne dans cette bibliographie (qui n’est pas encore complète) des liens vers les textes originaux de Schlick, quand ils sont disponibles sur internet (tous ses textes sont maintenant dans le domaine public) et je publie ici les anciennes traductions dans la mesure du possible. Les textes sont relus directement sur l’édition originale ou sur l’édition des œuvres complètes (mais tous les volumes n’ont pas encore été publiés).

1904

  • Über die Reflexion des Lichtes in einer inhomogenen Schicht. Inaugural-Dissertation zur Erlangung der Doktorwürde genehmigt von der Philosophischen Fakultät der Friedrich-Wilhelms-Universität zu Berlin, Diss. Berlin 1904. 51 S.

1907

  • ”Theoretischer Anhang“ [zu: Nicolai, Georg Fr., ”Die Gestalt einer deformierten Manometermembran, experimentell bestimmt“], in: Archiv für Anatomie und Physiologie/Physiologische Abteilung, 1907, S. 139-140.

1908

  • Lebensweisheit. Versuch einer Glückseligkeitslehre, München: Beck, 1908. VI+341 S. (édition originale)

1909

  • ”Das Grundproblem der Ästhetik in entwicklungsgeschichtlicher Beleuchtung“, in: Archiv für die gesamte Psychologie, 14, 1909, S. 102-132.

1910

  • ”Die Grenze der naturwissenschaftlichen und philosophischen Begriffsbildung“, in: Vierteljahrsschrift für wissenschaftliche Philosophie und Soziologie, 34, 1910, S. 121-142 (original sur Gallica)
  • ”Das Wesen der Wahrheit nach der modernen Logik“, in: Vierteljahrsschrift für wissenschaftliche Philosophie und Soziologie, 34, 1910, S. 386-477 (original sur Gallica)

1911

  • Recension de Natorp, Paul, Die logischen Grundlagen der exakten Wissenschaften, Leipzig/Berlin: Teubner 1910. In: Vierteljahrsschrift für wissenschaftliche Philosophie und Soziologie, 35, 1911, S. 254-260 (original sur Gallica)
  • Die Aufgabe der Philosophie in der Gegenwart, leçon inaugurale, Rostock, 1911, non publiée

1917

  • ”Raum und Zeit in der gegenwärtigen Physik. Zur Einführung in das Verständnis der allgemeinen Relativitätstheorie“, in: Die Naturwissenschaften, 5, 1917, S. 161-167, 177-186.
  • Raum und Zeit in der gegenwärtigen Physik. Zur Einführung in das Verständnis der allgemeinen Relativitätstheorie, Berlin: Springer 1917. IV + 63 S. (édition de 1920 sur l’Internet Archive)
    • traduction française : L’Espace et le temps dans la physique contemporaine. Introduction à la théorie de la relativité et de la gravitation, 1919

1918

  • Allgemeine Erkenntnislehre, Berlin: Verlag von Julius Springer 1918 (2. Auflage 1925)

1925

  • Allgemeine Erkenntnislehre (2. Auflage)
    • Théorie générale de la connaissance, trad. Christian Bonnet, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », Paris, 2009, 551 p. (ISBN 978-2070771851)

1926

1929

1930

  • Fragen der Ethik. Wien: Verlag von Julius Springer
  • « La Relativité de l’espace », Les Nouvelles Littéraires, artistiques et scientifiques, n° 415, 27, septembre 1930

1931

  • L’Avenir de la philosophie, 1931

1932

1934

  • Les Énoncés scientifiques et la réalité du monde extérieur, 1930 et 1932 (traduction du Général Ernest Vouillemin, revue et mise à jour par l’auteur, introduction de Marcel Boll, Actualités scientifiques et industrielles 152, Paris, Hermann, 1934)

1935

L’une des premières traductions en français.

1936

  • ”Sind die Naturgesetze Konventionen?“, in: Actes du Congrès International de Philosophie Scientifique, Sorbonne, Paris, 1935, fasc. 4: Induction et probabilité (Actualités scientifiques et industrielles 391), Paris: Hermann 1936, S. 8-17. (original sur Gallica)
  • ”Gesetz und Wahrscheinlichkeit“, “, in: Actes du Congrès International de Philosophie Scientifique, Sorbonne, Paris, 1935, fasc. 4: Induction et probabilité (Actualités scientifiques et industrielles 391), Paris: Hermann 1936, S. 46-57. (original sur Gallica)

Bibliographie

Les études en français sur Schlick sont vraiment très peu nombreuses.

  • BENOIST, Jocelyn, L'A priori conceptuel : Bolzano, Husserl, Schlick, Vrin 1999
  • Jacques Bouveresse, Delphine Chapuis-Schmitz et Jean-Jacques Rosat (dir.), L'Empirisme logique à la limite : Schlick, le langage et l'expérience, CNRS, 2006
  • Très bon recueil. Sujets abordés : Schlick et le kantisme (Kant, néo-kantisme et Sellars), la question de la forme et du contenu, la question de l’inexprimabilité du contenu. Ces articles ne fournissent pas seulement un exposé de la pensée de Schlick, mais en proposent aussi une évaluation critique.
  • SCHMITZ, François, Le Cercle de Vienne, Vrin, 2009 : chapitre premier, « Schlick : Théorie de la connaissance et théories de la relativité », et chapitre V, « Le Tractatus dans le Cercle de Vienne »
    Le chapitre I donne une présentation utile de la théorie de la connaissance de Schlick. Très pratique comme introduction à la lecture de la Théorie générale de la connaissance.

Ressources

Œuvres

Articles

Notes

  1. Die Aufgabe der Philosophie in der Gegenwart, Rostock, 1911 (non publiée).